La parole est une arme. Elle peut blesser aussi profondément…

La parole est une arme. Elle peut blesser aussi profondément qu’une lame de poignard.

Les cicatrices qu’elle laisse sont peut-être moins visibles, mais elles sont tout aussi douloureuses.

Quel enfant ne préférerait pas recevoir 10 coups de martinet plutôt qu’entendre 10 fois la même plaisanterie à propos de son nom ou se faire traiter de “chouchou de la maîtresse !”

Quelle meilleure preuve de la puissance des mots que le fait que leur usage soit d’autant plus contrôlé qu’un régime politique est inique.

La liberté d’expression est la première à être assurée en démocratie et la première à être supprimée par les dictatures.

Son mauvais usage, même là où il est pleinement libre, est sanctionné par la Loi.

Mais, en privé, un tel contrôle n’est pas possible.

Chaque jour, des milliers de gens subissent des outrages verbaux.

Qu’il s’agisse d’insultes plus ou moins subtilement déguisées, de coups de bistouri, de plaintes ou d’onomatopées méprisantes (“bof ! ”, “pfff !”, etc., vous connaissez ?), cela fait incontestablement très mal.

Pourtant, la parole est aussi un instrument d’apaisement. Elle doit vous permettre, face à ceux qui vous agressent verbalement, de calmer la violence du dialogue pour permettre la discussion et la négociation.

Dans les chapitres précédents, nous avons considéré comment se défendre des attaques tout en gardant son sang-froid.

Le moment est venu de compléter certaines techniques pour éviter un usage dangereux de l’arme verbale, ouvrir la porte de la négociation et désamorcer des situations potentiellement dangereuses.

La défense : vos 3 commandements

Pour vous défendre à l’aide de vos armes verbales, vous devez connaître et maîtriser 3 principes de base.

  1. Sachez reconnaître les attaques

Il y a des attaques évidentes. Il y en a qui en ont l’air mais qui n’en sont pas. Il y en a qui n’en ont pas l’air mais qui en sont.

Lorsqu’un importun surgit de sa voiture en montrant le poing dans votre direction et en hurlant : “Espèce d’abruti ! Je vais vous tordre le cou !”, il s’agit incontestablement d’une attaque verbale, sur le point d’aboutir à une attaque physique.

Mais dans d’autres cas, nous pouvons prendre pour une attaque ce qui n’en est pas.

Comme vous le savez, il y a des personnes “susceptibles”, promptes à se croire offensées, alors que leur interlocuteur a les meilleures intentions qui soient.

Si c’est votre cas, attention de ne pas voir le mal là où il ne se trouve pas !

Enfin, il y a les attaques qui n’en ont pas l’air mais qui en sont.

Cela pourrait sembler sans importance si l’on considère que c’est seulement quand une attaque nous touche qu’elle devient gênante.

Mais un proverbe chinois nous prévient à ce sujet : “La goutte qui tombe peut faire plus qu’une tempête violente, car elle finit par trouer la roche la plus dure alors que la tempête la laisse intacte.”

Il y a donc des attaques verbales que nous pouvons ne pas reconnaître comme telles, soit parce qu’elles sont déguisées et donc très subtiles, soit parce qu’elles émanent de personnes avec lesquelles nous entretenons, croyons-nous, des relations sereines.

Un exemple

Marianne avait une fille de 19 ans, Louise.

C’était une adolescente agréable, gentille, dont le sourire aimable séduisait tous ceux qui faisaient sa connaissance.

Elle remarqua que, certains jours, sa fille rentrait à la maison de mauvaise humeur, irascible, prête à éclater en sanglots dès qu’elle lui adressait la parole.

Marianne finit par constater que ces sautes d’humeur se produisaient à chaque fois que sa fille venait de passer quelques heures en compagnie de sa meilleure amie, Carole.

Quelques questions lui permirent d’apprendre que Louise était toujours en bons termes avec son amie.

Le problème ne venait donc pas d’une querelle d’adolescentes.

Désireuse d’en avoir le cœur net, elle se mit à observer soigneusement le comportement de Carole lors de ses visites à la maison.

Quelques temps après, Marianne, désolée, en arriva à la conclusion que sa fille était la victime inconsciente de sa meilleure amie !

Dans leurs conversations, apparemment amicales, Carole infligeait constamment à Louise des petites piqûres d’épingle verbales, quasi-imperceptibles, et celle-ci ne se rendait pas compte qu’elle était victime d’attaques perpétuelles.

Par exemple, elle souffrait de sa maigreur mais il ne lui venait pas à l’idée que lorsque Carole annonçait calmement : “Pour la soirée de samedi prochain, j’ai acheté une robe avec un corsage bustier. Bien entendu, ce ne sont pas toutes les femmes qui peuvent se permettre ce style de robe”, c’était un coup d’épingle qui était prestement infligé à ses clavicules saillantes.

À son insu, elle était lentement empoisonnée par sa relation avec Carole.

D’où ses sautes d’humeur apparemment inexplicables, chaque fois qu’elle avait passé un moment en compagnie de son amie.

Ce type d’attaque s’apparente au “coup de bistouri”, mais il en est une version plus subtile et donc plus difficile à détecter. Cela en est d’autant plus pernicieux.

L’enseignement contenu dans cette histoire, c’est que vous devez vous protéger à tout prix des personnes toxiques et ne pas les tolérer dans votre entourage immédiat.

Soit vous leur faites comprendre qu’elles doivent changer leur comportement pour rester près de vous, soit vous prenez vos distances.

  1. Adaptez votre défense à l’attaque

En effet, votre défense doit être adaptée à l’attaque, non seulement sur le plan de la qualité mais aussi de l’intensité.

Il est inutile que vous dépensiez de l’énergie à remettre en place un adversaire peu habile, peu subtil.

Tous, nous sommes capables de nous affirmer sans écraser les autres.

Malheureusement, trop de gens se refusent à comprendre un principe aussi simple.

Exemples

“Si tu m’aimais vraiment, tu ne serais pas aussi dépensière”, dit un mari à sa femme.

La femme, en suivant l’une des techniques que vous avez apprises dans ce livre, pourrait régler la question en répondant :

“Il est intéressant de constater que beaucoup d’hommes ont l’idée – totalement injustifiée – que leur femme ne les aime pas…”

La confrontation pourrait et devrait s’arrêter là.

Le mari sans doute surpris de cette réaction impersonnelle changera dès que possible le sujet de la conversation.

Cependant, la femme aurait très bien pu riposter d’une manière différente :

“Il est intéressant de constater que beaucoup d’hommes, une fois qu’ils ont atteint ton âge, commencent à s’imaginer que leur femme ne les aime plus.”

Et vlan ! Voilà une belle revanche.

Mais si vous cédez à ce type de tentation, attendez-vous à devoir poursuivre la bagarre une fois que votre attaquant se sera repris, et assurez-vous que vous disposez des munitions nécessaires.

S’il s’agit d’une personne qui vous est proche, vous venez d’entamer un ping-pong verbal dont vous connaissez maintenant les dangers.

Le contenu de la deuxième réponse était bien trop disproportionné à l’attaque.

Ne vous laissez pas entraîner sur cette pente, quelle que soit votre habileté au duel verbal, car vous aurez à en payer les conséquences.

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